L’heure n’est plus au diagnostic. C’est ainsi que, Anne Marie Armenteras de Saxcé, la directrice générale de la direction générale de l’offre de soins du ministère de la santé, reçue par le Groupe santé de Sciences Po *, aborde la question de la transformation de l’Etat à l’hôpital et dans la santé.

En effet, selon la responsable, la prise de conscience de la nécessaire transformation a eu lieu. Et elle serait partagée, nous dit-elle, par les professionnels de santé. Ce qui rend, « les choses à la fois faciles et difficiles ». Aussi, elle ne semble pas imaginer, en la matière, de grandes ruptures. Ni penser qu’elles seraient souhaitables.

La possibilité du territoire

L’idée portée notamment par la loi de santé actuellement en œuvre est fondée sur la réalité d’«une offre plurielle ». C’est à dire qu’elle est assurée par des acteurs libéraux, des hospitaliers, des professionnels du privé et du public, réunis autour de leurs patients. Or « plus rien de ne doit être segmenté et chacun ne peut plus vivre sa vie professionnelle indépendamment des autres ». Et cela, au sein d’un lieu géographique, consacré par la loi de santé, qui est celui du territoire. Devenu l’alpha et l’oméga des politiques modernes de santé et du social qui sont menées depuis quelques années par les gouvernements de gauche et de droite. D’où l’idée de créer pour l’hôpital public des groupements hospitaliers de territoire. C’est au sein de ces territoires que se créent les coopérations et les complémentarités sur la base de la gradation des offres de soins.

Dépenses utiles

Il ne faut plus, en effet, « éparpiller les forces ». Les parcours de soins, autres leitmotivs de la politique actuelle, se construisent à ce niveau. Mais ils doivent être pensés à partir du domicile du malade qui est le lieu de vie de chacun. Et la modernisation du système impose de créer des leviers de transformation. Les plateformes d ‘appui à la coordination seraient de ceux-là, aux mains des professionnels et des agences régionales de santé. Avec un recours privilégié aux nouvelles technologies de l’information et en particulier à la télémédecine que l’Etat favorise. A l’heure d’un bilan politique, « il aura joué sa part », selon la responsable du ministère de la santé.

Poursuivre

Ainsi, la réforme de l’Etat ne peut être fondée sur la rupture. Elle doit viser l’équité, valeur nécessaire pour les citoyens et pour les professionnels. Mais autant le reconnaitre, les réponses ne sont effectivement pas si simples. Et cette sagesse sera-t-elle de mise. Réponse prochainement.

*23 Février 2017, Rencontre organisée par le groupe Santé en lien avec les groupes Assurances et Service public